Analyse de l’économie - l’Île-du-Prince-Édouard: 2026
Données démographiques
Points saillants
En 2025, 183,000 personnes vivaient en Île-du Prince-Édouard, soit une augmentation de 1.6% de 2024 à 2025. Île-du-Prince-Édouard représente 0.4% de la population totale du Canada.
Dans la province, l’âge moyen de la population non autochtone est de 42,8 ans par rapport à 34,8 ans pour la population autochtone (Recensement de 2021).- La proportion de personnes âgées de 65 ans et plus devrait croître légèrement, passant de 21 % en 2025 à 23 % en 2035.
- En 2025, les individus de 55 ans et plus totalisaient 39 % de la population d’âge actif, et ce pourcentage devrait demeurer stable jusqu’en 2035.
- La proportion de jeunes (15 à 24 ans) devrait chuter, passant de 16 % en 2025 à 14 % en 2035.
- L’activité des jeunes a poursuivi son ascension en 2025 : davantage de Prince-Édouardiens de 15 à 24 ans contribuaient à la population active et étaient salariés (+1,4 %) comparativement à l’année précédente. Toutefois, leur taux de chômage demeure élevé (10,9 %), témoignant ainsi des conditions difficiles du marché du travail pour les jeunes travailleurs.
La population autochtone représente 2,2 % de la population prince-édouardienne (Recensement de 2021) et demeure largement sous-représentée au sein du marché du travail provincial. La population active compte 1 730 Autochtones, dont 1 495 sont salariés. Le taux de chômage est considérablement plus élevé chez la population autochtone (13,9 %) que chez la population d’âge actif non autochtone (10,3 %).
À l’Île-du-Prince-Édouard, environ 96 % de la population a déclaré l’anglais comme première langue officielle (Recensement de 2021) ou comme langue parlée le plus fréquemment à la maison, comparativement à 3 % pour le français. Un peu moins de 1 % des répondants ont indiqué avoir une langue maternelle autre que l’anglais ou le français (Recensement de 2021).
Les immigrants récents (c.-à-d. les personnes qui sont arrivées au pays entre 2016 et 2021) totalisaient 41 % de la population immigrante de l’Île en 2021. Le rythme d’arrivée des nouveaux venus s’est accru considérablement au cours des dernières années, tout particulièrement puisque la province s’est reposée sur l’immigration pour combler les pénuries sur le marché du travail.
Selon des données de 2022 sur l’incapacité au Canada, la prévalence d’une incapacité (c.-à-d. le taux d’incapacité) à l’Île-du-Prince-Édouard était de 31,8 %, soit 5,8 points de pourcentage de plus qu’au moment de l’Enquête canadienne sur l’incapacité de 2017. Ce taux s’accentue avec le vieillissement de la population, ce qui explique en grande partie cette hausse. L’Île a néanmoins connu la plus faible croissance du taux d’incapacité parmi toutes les provinces du Canada atlantique. À l’échelle nationale, l’augmentation était de 4,7 points de pourcentage.
Conditions du marché du travail
En 2025...
L’emploi a crû de façon modérée (1,1 %)
Le chômage a augmenté (1,2 %)
Le taux d’activité a légèrement fléchi (passant de 66,5 % à 66,0 %)
Le taux d’emploi a chuté (passant de 61,3 % à 60,8 %)
Taux de chômage
Montrer le tableau de données: Province's Unemployment Rate
| Year | Taux de chômage (%) |
|---|---|
| 2016 | 10,8 |
| 2017 | 10,0 |
| 2018 | 9,9 |
| 2019 | 9,0 |
| 2020 | 10,6 |
| 2021 | 9,8 |
| 2022 | 7,7 |
| 2023 | 7,2 |
| 2024 | 8,0 |
| 2025 | 8,0 |
- La population active et l’emploi ont atteint des sommets sans précédent en 2025 à l’Île-du-Prince-Édouard. L’emploi total a grimpé de 1,1 % pour se chiffrer à 93 500, soit le niveau d’emploi annuel le plus élevé jamais observé dans cette province. Pour sa part, la population active totale a cru de 1,2 %, ce qui constitue également un record (101 600).
- Le nombre de chômeurs sur l’Île était de 8 100 en moyenne en 2025, soit une augmentation de 2,5 % par rapport à l’an dernier. Bien que l’emploi ait atteint des sommets records, le taux de chômage annuel dans la province est demeuré le même qu’en 2024, 8,0 %, ce qui est plus élevé que la moyenne canadienne de 6,8 %. Toutefois, il s’agit d’un taux bien en deçà de la norme prépandémique prince-édouardienne d’environ 9,5 %.
- Le taux d’activité de l’Île-du-Prince-Édouard en 2025 était de 66 %, ce qui signifie qu’environ les deux tiers des Prince-Édouardiens en âge de travailler étaient actifs. Même si ce nombre est légèrement inférieur à celui de 2024, le taux d’activité de l’Île était un point de pourcentage plus élevé que la moyenne nationale.
Conjoncture économiques
Les facteurs économiques de l'Île-du-Prince-Édouard en 2025
Croissance rapide de la population
Exportations
Dépenses en immobilisations
Tourisme
Montrer le tableau de données: Taux de croissance du PIB
| Taux de croissance du PIB (%) | |
|---|---|
| 2022 | 5,1 % |
| 2023 | 2,9 % |
| 2024 | 3,8 % |
- La population prince-édouardienne s’établissait à 182 657 en date du 1 juillet 2025, soit une hausse de 1,6 % en glissement annuel. Elle est donc toujours en expansion, quoiqu’à un rythme modéré, et occupe ainsi le deuxième rang pour ce qui est de la croissance provinciale, derrière l’Alberta. La demande demeure soutenue par la croissance démographique, mais les limites imposées par le gouvernement fédéral sur le nombre d’étudiants étrangers combinées à l’évolution des politiques d’immigration ralentissent les entrées dans l’ensemble.
- Le budget d’immobilisations de l’automne 2025 de la province présente un plan pluriannuel visant à moderniser les infrastructures essentielles de l’Île. Il comporte d’importants investissements dans les soins de santé, l’éducation et les services communautaires, et il permettra aussi de financer la rénovation de routes et de ponts, de protéger le rivage, ainsi que d’appuyer la construction de logements et la modernisation de l’aménagement des terres.
- La demande internationale pour des biens produits sur l’Île a fortement crû en 2025, les marchandises destinées à l’exportation atteignant un montant record de 2,68 milliards de dollars, soit environ 3 % de plus que l’année précédente. Puisque la plupart des exportations à destination des États-Unis demeurent admissibles en vertu de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), elles sont peu touchées par les droits de douane récemment imposés par nos voisins du sud.
- La mise à jour économique et financière 2025-2026 de l’Île-du-Prince-Édouard démontre que l’économie demeure résiliente, mais qu’elle passera à une période de croissance modérée. Les secteurs de la fabrication, des exportations, de la construction et du tourisme alimentent l’activité, tandis que le ralentissement de la croissance démographique, l’effritement de la confiance des consommateurs, la diminution des gains d’emploi et la réduction des recettes fiscales freinent l’élan.
Risques pour l'économie de l'Île-du-Prince-Édouard en 2026
- La croissance démographique représente depuis longtemps l’un des principaux moteurs de l’expansion économique prince-édouardienne, mais les récentes réductions apportées par le fédéral aux cibles d’immigration combinées aux mesures provinciales visant à alléger la pression sur le logement et les soins de santé devraient ralentir les nouvelles arrivées. Cette situation se traduira par un plus petit nombre de nouveaux consommateurs ainsi que de nouveaux membres de la population active dans la province.
- La plupart des exportations de l’Île à destination des États-Unis demeurent admissibles en vertu de l’ACEUM, ce qui les protège contre de nombreux tarifs américains. Somme toute, les conditions d’exportation restent relativement stables, mais la possibilité de nouvelles mesures commerciales de la part de nos voisins du sud représente un risque continu de taille pour l’économie prince-édouardienne, car elle dépend fortement du marché américain. Parallèlement, l’escalade des tensions géopolitiques, et tout particulièrement la guerre en Iran, vient accroître l’incertitude macro-économique.
- La mise à jour économique et financière de décembre 2025 prévoit un déficit beaucoup plus important de 367,4 millions de dollars, soit près du double de la prévision initiale pour 2025-2026, en raison de revenus plus faibles que prévu et de dépenses nettement plus élevées, tout particulièrement dans les soins de santé et l’assurance agricole (situation liée aux conditions météorologiques extrêmes), l’éducation et les soutiens sociaux. Face à l’augmentation de la dette et à une souplesse fiscale réduite, la province pourrait être moins en mesure de répondre aux bouleversements externes, comme l’incertitude entourant les droits de douane ou les pressions économiques plus vastes.
Enjeux provinciaux
-
Les pénuries de main-d’œuvre demeurent répandues à l’échelle de l’Île-du-Prince-Édouard. Le nombre de postes vacants dans le secteur de la santé est toujours aussi élevé, ce qui met en lumière les défis persistants en matière de recrutement et de maintien en poste, tandis qu’il y en a légèrement moins dans la construction alors que cette industrie retrouve son équilibre. Somme toute, le nombre de postes vacants reste important dans plusieurs secteurs comparativement aux niveaux observés avant la pandémie.
-
D’importantes pressions continuent de peser sur la capacité du système de santé prince-édouardien, comme l’illustrent clairement les fermetures intermittentes dans les urgences rurales, le taux de roulement élevé parmi les jeunes infirmières et d’autres problèmes liés à la charge de travail, aux horaires et à la sécurité. Les mesures déployées par les gouvernements fédéral et provincial, dont des incitatifs au recrutement, une reconnaissance élargie pour les professionnels formés à l’étranger et des initiatives ciblées de maintien en poste, aident à attirer de nouveaux travailleurs au sein du système.
-
L’abordabilité des logements locatifs à l’Île-du-Prince-Édouard demeure problématique, en particulier lorsqu’il est question des logements à prix modique puisque la demande pour ceux-ci excède largement l’offre. En effet, même une vigoureuse activité dans le secteur de la construction à Charlottetown et Summerside n’a pas réussi à atténuer la pression, et plusieurs locateurs doivent donc gagner bien plus que le salaire minimum pour parvenir à se payer un appartement typique. Bien que la province continue de mettre l’accent sur les logements abordables et supervisés, les pressions liées à l’inoccupation persistent, car la nouvelle offre n’a pas suivi le rythme de la récente croissance démographique.
Tendances de l'industrie

Montrer le tableau de données
| Industrie (SCIAN) | Variation d'emploi (000) |
|---|---|
| Soins de santé et assistance sociale | 1,5 |
| Fabrication | 0,8 |
| Construction | 0,7 |
| Services professionels | 0,5 |
| Services d'hébergement et de restauration | 0,4 |
| Commerce de gros et détail | 0,2 |
| Administrations publiques | 0,1 |
| Foresterie | 0,1 |
| Finance | 0,0 |
| Services aux entreprises | 0,0 |
| Services publics | -0,1 |
| Services d'enseignement | -0,4 |
| Information | -0,5 |
| Agriculture | -0,6 |
| Autres services (sauf les administrations publiques)) | -0,7 |
| Transport et entreposage | -0,9 |
- Le secteur prince-édouardien de la construction demeure l’un des principaux moteurs économiques, soutenu par un nombre record de mises en chantier en 2025, une forte activité résidentielle et de meilleures conditions financières qui ont stimulé la construction et la rénovation de logements. Selon les prévisions de ConstruForce pour 2025-2034, la construction résidentielle devrait rester importante jusqu’en 2030, tandis que l’activité non résidentielle devrait ralentir par rapport aux récents sommets et que les marchés du travail évoluent vers des conditions plus équilibrées. Malgré cet élan, davantage de chantiers, tout particulièrement pour des logements locatifs, sont nécessaires pour restaurer l’abordabilité.
- L’Île-du-Prince-Édouard a connu une saison touristique 2025 exceptionnelle, établissant de nouveaux records en matière de visiteurs, de dépenses de visiteurs et de nuitées payées dans plusieurs régions de la province. La croissance s’est aussi poursuivie après la haute saison estivale, le nombre de visiteurs hors saison ayant augmenté de 18 % depuis 2019, soutenant ainsi des saisons d’activité plus longues et des emplois tout au long de l’année. Les robustes indicateurs sectoriels, dont des recettes inégalées dans le domaine des aliments et des boissons, la meilleure saison de golf observée à ce jour et un nombre sans précédent de visiteurs dans les musées et les sites patrimoniaux, s’appuient sur l’année record enregistrée en 2024
- Les expéditions manufacturières ont atteint des niveaux records en 2025 grâce à une hausse de 4,4 % des biens non durables et de 20 % des biens durables, tandis que les exportations globales ont augmenté grâce à la vigueur des produits pharmaceutiques et aérospatiaux. Les exportations de produits de la mer vers la Chine ont chuté de 20 % en 2025, principalement en raison des représailles tarifaires. Ces droits ont toutefois été levés le 1 mars 2026 à la suite du nouvel accord commercial entre le Canada et la Chine. Malgré des conditions d’exportation généralement stables, l’Île-du-Prince-Édouard demeure confrontée à une importante incertitude liée à de possibles mesures commerciales de la part de nos voisins du sud, car la province dépend fortement du marché américain.
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